Se réveiller un matin et voir le monde tel qu’il est.
Supporter les moqueries et les
railleries !
Perdre son cœur
d’enfant
Perdre son
innocence.
Tout perdre et se laisser
glisser.
Dans la chute, certains explorent leurs
propres limites comme une expérience initiatique. Le suicide, l’alcool, la drogue, le sexe, la déprime, mener « une vie de bâton de chaise », chacun trouve son chemin pour
partir à la dérive. Tester, se mettre en danger, provoquer la vie jusqu’à tomber à la renverse.
Perdre la foi, la foi en soi et dans les
autres.
S’égarer dans ses propres
pérégrinations.
Se prendre pour un funambuliste en marchant sur le fil invisible de la vie
Jouer avec le feu de l’Enfer
et tenter le Diable
Puis, foncer dans un
mur.
Mais, il y a toujours quelqu’un sur notre
chemin
Pour nous freiner dans notre course
Nous arrêter
nets
Et nous rattraper en plein
vol.
Et là, on
choie.
On s’écroule lamentablement et piteusement
sur la terre qui craquelle.
L’effondrement…
Le temps s’arrête. Il reste suspendu à la
désillusion.
*****
En défiant sa propre vie, en se reniant,
on a semé le mal comme le vent sème les feuilles dansantes dans la forêt.
On pleure. On se laisse emporter par le chagrin. Le
mal coule en nous. Le mal déverse sa bile tout autour de soi.
Craindre au plus profond de soi de
souffrir.
Se blottir dans ses faiblesses pour se
protéger.
S’emmurer dans sa tour d’ivoire et refuser d’en sortir
Douter, trahir, mentir, s’enfuir, être
couard, détruire, réduire à néant, se saboter,
Pour ne plus être
déçu.
Devenir le bourreau de ses rêves pour ne
pas souffrir !
La belle affaire ! C’est si
peu ! C’est si lâche !
Faire souffrir ceux que l’on aime est bien
plus douloureux.
Décevoir, trahir,
mentir.
Porter le poids de ses faiblesses jusqu’à
rompre d’épuisement.
*****
J’ai chuté, j’ai failli, je me suis
trompée, j’ai trompé.
J’ai tué mon âme d’enfant. Je me suis
assise sur mes principes. Je me suis niée. J’ai perdu la ferveur de mes convictions. Je me suis initiée à la facilité et au mensonge, en ayant la certitude que jamais je ne pourrai me
comporter ainsi.
Mes certitudes ont volé en éclats. Je me suis brisée en mille morceaux sous le poids de la noirceur.
J’ai lutté très fort contre mes sentiments
amoureux. La
peur me tenaillait et m’enserrait dans ses griffes. J’ai étouffé mes émotions pour ne pas souffrir.
Plus les sentiments s’enracinaient au fond de moi, et plus je tentais vainement de les nier. Je me suis imposée des ruptures, des cassures. J’ai lutté, lutté jusqu’à perdre
haleine. Mais le manque me rongeait. L’absence de l’être aimé résonnait dans toute ma tête. Les
souvenirs s’imposaient comme une terrible évidence. Plus j’aimais d’amour, et plus je répandais le mal. J’ai provoqué les ruptures pour que l’amour ne me brise pas. J’ai chuté. J’ai tout détruit,
brisé, abîmé. Je me suis laissé guider par mes plus vils instincts jusqu’à toucher le fond de l’abime.
J’ouvre, une nouvelle fois les yeux sur le monde. J’ai été aveuglée par mes peurs. Je regardais au travers d’un prisme déformant. Devant moi,
il y avait une belle personne au cœur pur. Mais, trop occupée à craindre le monde, j’ai muselé mon cœur. L’évidence m’assène le coup de grâce. Je m’assois et je pleure. Le regret me torture.
C’est le prix à payer.
Je reste là, devant un champ de
ruines,
Je suis vidée. J’ai provoqué ce que je
redoutais le plus : la perte de l’être chéri.
Perdre la foi et se refugier dans le chagrin,
Infliger la douleur jusqu’à perdre l’être
aimé
Lui transmettre ses propres
blessures
Tout perdre jusqu’à
choir.
Espérer se réveiller un matin et voir le monde tel qu’il est.
Accepter que ce monde ne soit pas parfait
!
Se promettre que l’on sera
fort
Avoir le courage d’aimer et d’être
aimé,
Regagner son cœur
d’enfant
Regagner son
innocence
Pour vivre,
vivre..