Pour que vivent les mots !

Samedi 3 mai 2008

Se  réveiller un matin et voir le monde tel qu’il est.

Supporter les moqueries et les railleries !

Perdre son cœur d’enfant

Perdre son innocence.

Tout perdre et se laisser glisser.

 

Dans la chute, certains explorent leurs propres limites comme une expérience initiatique. Le suicide, l’alcool, la drogue, le sexe, la déprime, mener « une vie de bâton de chaise », chacun trouve son chemin pour partir à la dérive. Tester, se mettre en danger, provoquer la vie jusqu’à tomber à la renverse.

 

Perdre la foi, la foi en soi et dans les autres.

S’égarer dans ses propres pérégrinations.

 

Se prendre pour un  funambuliste en marchant sur le fil invisible de la vie

Jouer avec le feu de l’Enfer et  tenter le Diable

Puis, foncer dans un mur.

 

Mais, il y a toujours quelqu’un sur notre chemin

Pour  nous freiner dans notre course

Nous arrêter nets

Et nous rattraper en plein vol.

Et là, on choie.

On s’écroule lamentablement et piteusement sur la terre qui craquelle.
L’effondrement…

Le temps s’arrête. Il reste suspendu à la désillusion.

                                                            *****
                 

En défiant sa propre vie, en se reniant, on a  semé le mal comme le vent sème les feuilles dansantes dans la forêt.

 On pleure. On se laisse emporter par le chagrin. Le mal coule en nous. Le mal déverse sa bile tout autour de soi.

 

Craindre au plus profond de soi de souffrir.

Se blottir dans ses faiblesses pour se protéger.

S’emmurer dans  sa tour d’ivoire et refuser d’en sortir

Douter, trahir, mentir, s’enfuir, être couard,  détruire,  réduire à néant, se saboter,

Pour ne plus être déçu.

  

Devenir le bourreau de ses rêves pour ne pas souffrir !

La belle affaire ! C’est si peu ! C’est si lâche !

 

Faire souffrir ceux que l’on aime est bien plus douloureux.

Décevoir, trahir, mentir.

Porter le poids de ses faiblesses jusqu’à rompre d’épuisement.

                                                                   *****

J’ai chuté, j’ai failli, je me suis trompée, j’ai trompé.

J’ai tué mon âme d’enfant. Je me suis assise sur mes principes. Je me suis niée. J’ai perdu la ferveur de mes convictions. Je me suis initiée à la facilité et au mensonge, en ayant la certitude que jamais je ne pourrai me comporter ainsi.
Mes certitudes ont volé en éclats. Je me suis brisée en mille morceaux sous le poids de la noirceur.

 

J’ai lutté très fort contre mes sentiments amoureux. La peur me tenaillait et m’enserrait dans ses griffes. J’ai étouffé mes émotions pour ne pas souffrir.

Plus les sentiments  s’enracinaient au fond de moi, et plus je tentais vainement de les nier. Je me suis imposée des ruptures, des cassures. J’ai lutté, lutté jusqu’à perdre haleine.  Mais le manque me rongeait. L’absence de l’être aimé  résonnait dans toute ma tête. Les souvenirs s’imposaient comme une terrible évidence. Plus j’aimais d’amour, et plus je répandais le mal. J’ai provoqué les ruptures pour que l’amour ne me brise pas. J’ai chuté. J’ai tout détruit, brisé, abîmé. Je me suis laissé guider par mes plus vils instincts jusqu’à toucher le fond de l’abime.

 

J’ouvre, une nouvelle fois  les yeux sur le monde.  J’ai été aveuglée par mes peurs. Je regardais au travers d’un prisme déformant. Devant moi, il y avait une belle personne au cœur pur. Mais, trop occupée à craindre le monde, j’ai muselé mon cœur. L’évidence m’assène le coup de grâce. Je m’assois et je pleure. Le regret me torture. C’est le prix à payer.

 

Je reste là, devant un champ de ruines,

Je suis vidée. J’ai provoqué ce que je redoutais le plus : la perte de l’être chéri.

 

Perdre la foi  et se refugier dans le chagrin,

Infliger la douleur jusqu’à perdre l’être aimé

Lui transmettre ses propres blessures

Tout perdre jusqu’à choir.


Espérer se  réveiller un matin et voir le monde tel qu’il est.

Accepter que ce monde ne soit pas parfait !

Se promettre que l’on sera fort

Avoir le courage d’aimer et d’être aimé,

Regagner son cœur d’enfant

Regagner son innocence

Pour vivre, vivre..

 

 

 

 

   

par Elise publié dans : Articles
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avoir toute la connaissance de Dieu,
et toute la foi jusqu'à transporter les montagnes,
s’il me manque l’amour
je ne suis rien."

 
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