Pour que vivent les mots !

Dimanche 18 mai 2008


Angèle préfère rester seule, retranchée derrière les murs de son appartement. Elle s'isole. Elle a peur. Elle est consciente d’avoir pété les plombs avec son amie Lisa. Elle se sent partir à la dérive. Elle ne parvient plus à se contrôler. Elle ressent une douleur permanente au niveau de son estomac. Plus elle souffre et plus elle s’enferme dans sa bulle de tristesse.

Elle a mal. Elle aimerait arracher ce mal et le jeter loin d’elle. Mais elle n’y arrive pas. Elle se sent faible et fragile.

 

Angèle fait les cent pas dans l’appartement. Elle n’a toujours pas eu de nouvelles d’Axel. Elle ne sait même pas quand est-ce qu’il rentre. Il ne lui a rien dit. Il a été  mystérieux sur son séjour en Espagne. Elle pense à Axel. Elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas eu le culot de le questionner ! Pourquoi l’a-t-elle laissé partir comme ça ? Elle craint le pire. Elle a une grosse boule dans la gorge. Elle ne tient plus en place.  

 

Elle file dans le bureau. Elle s’installe devant son ordinateur. Axel a emmené le sien en Espagne. Le bureau d’Axel est vide. Angèle surfe sur quelques sites internet. Elle s’ennuie. Rien ne l’intéresse. Elle balaie du regard la pièce. Elle a la nausée !

Angèle pleure. Elle a peur d’aller à l’hôpital. Elle ne sait pas ce qu’il l’attend.

Elle prend son journal de bord et elle écrit :


« C’est dimanche et j’ai le moral en berne. C’est pas n’importe quel dimanche ! C’est le dimanche où Axel est en Espagne. J’ai envie d’aller pleurer dans la chambre. Demain, j’ai une dure journée de travail. Parfois je rêve que je plante tout et tout le monde et que je pars très loin. Je fuis la réalité. Mais celle-ci est tellement insupportable. J’ai tellement mal. Je souffre tellement de ses mensonges, de ses silences, de ses paroles, de ses regards. Tout chez lui me fait souffrir et tout m’inspire de la peur. Je me sens si fragile en ce moment, et tellement affaiblie que je suis bien incapable de prendre une décision. Jusqu’à quel point je pourrai supporter cette vie là ? Jusqu’où je pourrai aller ? J’ai le sentiment que c’est sacrificiel. Je crois que si je reste il faudra m’enfermer dans un hôpital psychiatrique. On ne peut pas rester sain psychologiquement en vivant sous pression. Je suis tellement épuisée. Axel  me donne tellement de soucis. Son regard froid m’agresse. Son air impavide et impassible me blesse. Je me demande toujours ce qu’il pense. Je sais qu’il se trame  des choses derrière mon dos. Il y a tellement de choses étranges dans cet appartement. J’appréhende d’aller à l’hôpital. J’aimerais beaucoup ne pas y aller ; fuir. Je ne sais pas si j’ai vraiment le courage d’affronter la vérité. J’ai terriblement peur. Je ne dors plus du tout, ce qui aggrave mes soucis de santé.
C’est un mauvais rêve et je vais surement me réveiller « 

 

                                                     *****


Axel serre Camille dans ses bras. C’est la fin de leur escapade. Ils vont devoir repartir chacun de leur côté pour  rejoindre  leur vie respective ! Axel n’a pas prévenu Angèle de
son retour ! Il peut donc jouer les prolongations avec Camille ! Ils s’embrassent. Camille pleure.

La séparation est douloureuse. Axel est troublé : «  Ne te fais pas de soucis ! Il y’en aura d’autres des moments comme ça ! Il faut simplement s’organiser ! « 

Camille sourit. Ces quelques mots suffisent à la consoler.

 

Axel court. Il doit prendre le RER. Il a peur d’arriver trop tard ! Il abuse ! Angèle va finir par se méfier ! Il a mal au ventre ! Et, si Angèle lui fait une scène ? Il est triste. Camille lui manque. Ils étaient si bien tous les deux ! Pourquoi doit-il rentrer ? C’est injuste !

Axel est devant la porte de l’appartement. Il ouvre la porte. Il n’y a aucun bruit comme si Angèle n’était pas là. Axel s’inquiète. Ce silence l’effraie. Il avance d’un pas assuré. Il ne voit pas Angèle. La peur lui tenaille le ventre. Il se dirige vers la chambre. Angèle est en train de dormir. Il n’est pourtant que 20 heures.

Elle semble épuisée. Axel s’interroge : «  Mais que se passe-t-il ? Qu’a fait Angèle ce week-end ? Mince ! J’espère qu’elle ne m’a pas trompé ! « 

 

Axel doit repartir faire quelques courses. Il n’ose pas réveiller Angèle. Il dépose sur le bureau d’Angèle un cadeau avec un petit mot : «  J’ai envie d’un bébé avec toi ! « 

 

Et il claque la porte d’entrée. Angèle est réveillée par le bruit de la porte. Elle se lève doucement. Elle a la tête qui tourne ! Elle cherche Axel. Personne. Elle l’appelle. Rien !  L’appartement est désespérément vide. Angèle voit le paquet sur son bureau. Elle est étonnée qu’Axel soit déjà reparti. Elle ouvre  fébrilement son cadeau.

Axel lui a offert deux peluches : une maman pingouin et son bébé ! Angèle est émue. Elle pleure toutes les larmes de son corps !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 18 mai 2008

 

Camille serre la main d’Axel. Ils se promènent tous les deux sur « Las Ramblas ». Ils se sourient. Ils ont l’air heureux.  Ils forment un joli petit couple. Personne ne peut imaginer qu’ils ont laissé leur moitié respective à Paris ! Ils se tiennent par la main, ils s’enlacent et ils s’embrassent avec passion. Leur corps guide leur pas ! Ils ont envie l’un de l’autre. Ils se touchent !

 

Camille dévore Axel des yeux : «  Je suis si heureuse ! Si toute la vie pouvait être comme ça ! On visite la Sagrada Familia et ensuite on file à l’hôtel t’en penses quoi ? « 

 

«  On va d’abord à l’hôtel et on visite tout ce que tu veux après ! J’ai tellement envie de toi Camille ! Tu es magnifique dans cette robe ! ».

 

Axel embrasse tendrement Camille. Il presse son corps contre elle. Il sent sa poitrine et son souffle chaud. Le désir monte. Il plaque Camille contre le mur de la rue, et il l’embrasse à pleine bouche !

 

La chambre de l’hôtel est sobre. Il n’y a pas de chichi. Axel avait prévenu Camille. Il ne voulait pas aller dans un hôtel trop couteux ! Il fait attention à ses dépenses. Il craint qu’Angèle ne tombe sur son relevé de compte bancaire. Il a tellement peur de la réaction de sa femme, qu’il a fait adresser son courrier personnel à l’adresse de son bureau !

 

Il arrache les vêtements de Camille. Il la fait basculer sur le lit. Et, il l’embrasse sur tout le corps. Camille se laisse aller au plaisir de ces baisers. Elle aime la bouche d’Axel !  Elle soupire de plaisir. Son corps frissonne ! Axel lui attrape fermement  la main et il la dirige contre son sexe. Il est braque. Il exige ! Il veut avoir du plaisir. Il ne peut plus attendre ! Il a très  envie de Camille. Il accélère le rythme. Camille ne dit rien. Leur étreinte est passionnée. La petite mort tord Axel de plaisir. Camille émet un souffle lent. Ils s’endorment d’épuisement !

 

Camille regarde le visage d’Axel. Ses traits sont lisses. Autour des yeux, il a des minuscules tâches de rousseur. Il n’a pas une ride ! Il a de longs cils noirs recourbés ! Elle pourrait passer sa vie à le regarder. Elle le trouve si beau, si fort, et si virile ! Axel ouvre les yeux sous le regard admiratif de Camille : «  Ne me dis pas que tu me regardais dormir ? « 

 

Camille baisse les yeux. Elle semble gênée. «  Je te trouve si beau ! « 

 

« Merci ! C’est bon t’entendre cela ! C’est si bon ! Tu me fais tellement de bien Camille ! « 

 

« Toi aussi ! Dis-moi ? Je peux te poser une question ? »

 

« Oui ! Vas-y ! « 

 

« Avec Angèle c’est comment au lit ? « 

 

« Pourquoi tu me demandes cela ? »

 

« J’ai besoin de savoir ! J’ai tellement peur. « 

 

« Avec Angèle, il ne se passe plus rien ! Il y’ a bien longtemps que nous ne faisons plus l’amour. Angèle n’a jamais su me donner du plaisir ! Elle est assez égoïste sexuellement ! Puis, elle n’est pas tendre comme toi !  « 

 

« Ah bon ? Je pensais que tu étais épanoui avec elle ? »

 

« Bah non ! Au début, j’ai cru que ça s’améliorerait. Mais non. « 

 

Camille sourit. Les dernières révélations ont la douceur du miel ! Elle est heureuse ! Finalement, Axel n’aime plus vraiment Angèle ! Camille se doutait bien de cela. Mais elle n’en était pas certaine !

 

Axel regarde Camille : «  Je vais prendre une douche ! « 

Camille reste étendue sur le grand lit. Elle s’enroule dans le drap blanc. Elle laisse sa jambe gauche à l’air. Axel lui caresse le mollet. Il lui masse tout doucement la jambe découverte par le drap.

Camille se laisse bercer par les caresses.

Axel file sous la douche.

 

La salle de bain est petite. Il n’y a pas de baignoire. Axel entre sous la douche. Il referme la porte vitrée. Il fait couler l’eau. Il reste sous le jet d’eau pendant de longues minutes. Il pense à Angèle. Il se demande ce qu’elle peut bien faire à cette heure-ci. Il a peur. Il vient de mentir à Camille. Il ne lui a pas dit toute la vérité. Mais, il ne voulait pas lui faire de la peine ! Comment pouvait-il dire à sa maitresse, qu’il voulait un enfant d’Angèle ?

Axel est pris au piège.

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 18 mai 2008


Ce week-end, Angèle est seule. Axel est parti en Espagne avec ses collègues de bureau. Pour les récompenser d’avoir atteint tous les objectifs, Phil,  les a invités à passer un week-end à Barcelone.

 

Angèle ne se sent pas bien. Elle est triste. Elle ignore les raisons de sa mélancolie. Elle a tout pour être heureuse. Pourtant, elle va mal. Elle est sur la pente raide. Chaque jour qui passe se révèle être une épreuve. Elle n’a le goût de rien, comme si elle déprimait.

Ce matin, Axel l’a quittée sur le parking de leur domicile. Il l’a embrassée à la hâte ! Il semblait si content de partir ! Elle a eu un pincement au cœur. Elle aurait aimé qu’il l’embrasse tendrement, qu’il la serre très fort dans ses bras et qu’il lui murmure à l’oreille : «  Tu vas me manquer, prends soin de toi, je t’enverrai des sms ! »

 

Il l’a embrassée vite fait bien fait et il a démarré la voiture en trombe. Elle l’a regardé partir. Elle est restée plantée sur le parking, les deux bras ballants. Elle s’est installée au volant de sa voiture et elle s’est mise à pleurer. La solitude s’est abattue sur elle. Une angoisse a pointé le bout de son nez. Angèle a démarré la voiture nerveusement. Elle ne voyait même  pas la route. Ses yeux étaient trempés de larmes.

 

Axel ne lui a pas donnée de nouvelles de la journée. Elle sait qu’elle ne doit pas l’appeler. Axel aimerait tellement qu’elle soit plus indépendante ! Il lui a demandée d’aller s’amuser tout le week-end ! Elle se voit donc contrainte de faire la fête avec ses amis. Seulement, elle n’a pas le cœur à s’amuser. Elle ne sait pas ce qu’elle veut. Elle a peur de rester seule dans le grand appartement. Elle craint de dormir seule dans le lit qui abrite leurs étreintes. Pourtant, elle n’a pas le courage d’aller voir ses amis. Elle se sent si faible et si vulnérable. Personne ne comprend ses états d’âmes. Elle est obligée de jouer la comédie en permanence ! Elle a de plus en plus de mal à faire semblant. Elle sent qu’elle dérape. Elle devient irascible !

 

 

Le lendemain matin, elle se réveille aux aurores. L’appartement est vide. Il n’y a aucune vie. Elle angoisse. Elle traine sa misère dans toutes les pièces de l’appartement. Elle est triste. Elle se prépare. Elle essaie de bien s’habiller. Elle enfile son pantalon bleu. Il est trop petit. Elle le jette par terre. Elle met sa jupe beige. Elle se sent boudinée. Finalement, elle portera encore le jean bleu foncé !

 Elle a rendez-vous en fin de matinée avec sa meilleure amie Lisa. Elle est heureuse de la voir ! Elles ont décidé toutes les deux de passer une journée entre filles !

 

Angèle arrive au rendez-vous à Saint Lazare ! Lisa l’attend ! Elle semble de bonne humeur ! Lisa lui adresse un grand sourire !

«  Salut ! Te voilà ! Alors on va faire un tour aux galeries Lafayette ? C’est ce que tu voulais faire Angèle ? »

 

« Oui ! Je n’ai plus rien à me mettre sur le dos depuis que j’ai pris du poids ! J’en ai marre tu sais ! « 

 

« Tu ne vas pas remettre ça avec ton poids ! T’as grossi et c’est tout ! Plus tu en parles, pire c’est ! C’est pas la fin du monde non plus ! « 

 

« C’est facile à dire ! C’est pas toi qui te tapes les réflexions d’Axel ! « 

 

« Ca m’étonnerait qu’Axel te dise quelque chose ! Il est si gentil et compréhensif ! « 

 

« Bien détrompes-toi ! Il m’a dit que c’était malhonnête de changer comme ça ! Il m’en veut à mort ! J’en peux plus »

 

Angèle se met à pleurer au milieu de la rue. Tous les passants la bousculent. Certains la regardent d’un air effaré ! Lisa est gênée par le spectacle. Elle empoigne son amie par le bras et elle l’enjoint de venir avec elle ! Angèle résiste. Elle n’a plus la force de faire un pas. Elle reste au milieu de la rue comme une âme errante.

Lisa s’impatiente : «  Bon Angèle ! On y va ! Ne reste pas comme ça à pleurer au milieu de la foule ! Merde alors !  « 

Angèle explose de colère : «  Mais je m’en fous des gens moi ! Je m’en fous moi ! Tu comprends ! Je suis épuisée ! Axel me trompe en plus ! « 

 

Lisa explose de rire : «  Axel te tromper ? Tu dérailles ma cocotte ! C’est pas sérieux de dire ça ! Il est si timide ! il n’ose même pas draguer une fille ! Arrête ! T’es en train de te monter la tête avec tes trois kilos en plus ! « 

 

«  Non ! Pas du tout ! C’est sérieux ! T’est trop conne toi aussi ! Tu ne comprends rien ! Tu dis que t’es ma meilleure amie et tu ne me soutiens même pas ! « 

 

« Angèle ! Ne m’insulte pas ! T’exagères ! Tu vas mal en ce moment ! Je ne te reconnais plus ! Que se passe-t-il ? T’es en train de péter les plombs ! »

 

«  Mais pas du tout ! Ouvre les yeux ! Axel n’est pas l’homme parfait que tu idéalises ! Il me trompe ! Je le sais ! Je le sens ! Tu m’énerves à toujours lui donner raison ! « 

 

« Non ! Je ne lui donne pas raison ! C’est injuste de me dire cela !  Tu as des preuves de son infidélité ? »

 

« Non ! Je le sens c’est tout ! Axel me rend dingue en ce moment. Il rentre de plus en plus tard à la maison. Il fait plein de choses derrière mon dos. J’en peux plus ! »

 

« Vous traversez une crise c’est tout ! Je sais que c’est dur pour toi en ce moment. Tu en es où de tes problèmes de santé ? Tu y retournes quand à l’hôpital ? « 

 

« C’est la semaine prochaine. J’ai peur Lisa. J’ai très peur de ce qu’ils vont me dire. Si je ne guéris pas, nous ne pourrons pas avoir d’enfant »

 

« Je sais. Je sais que c’est une épreuve très difficile. N’en veux pas à Axel pour autant. Il a peur. Je crois qu’il ne sait pas comment faire ! « 

 

«  Surement ! Mais je me sens si seule ! Le plus douloureux c’est cette putain de solitude qui m’étouffe lorsque je suis à l’hôpital ! Et si je n’y arrive pas ! Parfois j’ai peur de ne pas m’en sortir ! Ca fait un mois que je ne prends plus aucun traitement ! J’ai peur de rechuter ! La peur me terrifie ! J’ai envie de hurler de douleur ! « 

 

« J’imagine. Je suis là tu sais ! Pourquoi tu ne me le dis pas quand tu vas mal ? Je peux t’accompagner à l’hôpital ! Je t’en veux de te murer dans le silence comme ça ! Je t’en veux de me faire comprendre que je ne suis pas à la hauteur de notre amitié « 

 

« Mais non Lisa ! Tu te trompes ! Je vis les choses seule. Tu sais ! Personne n’est au courant ! Tu es la seule à savoir que je suis malade. Avec Axel, on a refusé d’en parler à notre entourage. On cache les choses. Parfois c’est plus facile à gérer. Parfois, j’en peux plus « 

 

« Tu devrais le dire à tout le monde ! Comme ça tout le monde prendrait soin de toi ! Je ne comprends pas cette idée de cacher tes problèmes de santé ! C’est pas un secret d’Etat ! C’est ridicule !  « 

 

« Axel et moi, on n’a pas envie d’en parler autour de nous. C’est d’abord mon souci, puis celui d’Axel. Puis c’est aussi notre intimité à tous les deux. On n’a pas envie d’étaler notre vie comme ça ! « 

 

« Vous avez tort. Ca te ferait du bien d’en parler Tu portes un fardeau toute seule. Ne sois pas étonnée de péter les câbles ! « 

 

«  Oh !  Le plus dur tu sais c’est lorsque les gens bienveillants nous demandent pour quand est le bébé ! Que veux- tu répondre à cela ! J’en sais rien moi ! Peut-etre pour jamais ! »

 

« Bah justement si tu ne dis rien, les gens ne peuvent pas deviner ! Ne leur en veut pas alors hein ! « 

 

« C’est facile à dire ! Mais moi, je craque ! Je crois que je n’aime plus Axel. Parfois je doute. Je me sens cruellement seule dans les épreuves de la vie. Je crois que je fais une dépression. Je m’en veux. « 

 

« Mais  bien sur que  tu aimes toujours Axel ! Tu souffres tellement ! T’es paumée c’est tout !  Ne t’inquiète pas ! Axel est là près de toi ! C’est un homme merveilleux ! Tu sais que tu as beaucoup de chance  Angèle ! J’aimerai tant avoir un homme comme ça ! Alors accroche-toi !  Le soleil est au bout du tunnel ».

 

Angèle dépose Lisa en voiture. Elle ne veut pas monter chez son amie. Elle a hâte de rentrer chez elle. Lisa ne la comprend pas comme elle le voudrait. Lisa défend toujours Axel. Angèle ne va pas bien. Elle ne trouve pas de réconfort. Elle sombre petit à petit.

 

 

 

 

 

 

 

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Dimanche 18 mai 2008


 

Camille est prête à tout plaquer dans sa vie  ! Elle se sent capable de changer de vie sur un coup de tête ! Elle est entière. Et, elle veut vivre ses choix sans aucune retenue. Elle souhaite partager son quotidien avec l’homme qu’elle aime ! Elle veut vivre des lendemains qui chantent ! Pourquoi refreiner  ses sentiments ?

 

Le week-end prochain, elle part en Espagne avec Axel ! Elle va passer trois jours de bonheur avec celui qui fait battre son cœur. Elle va se gorger du plaisir de la chair. Elle s’imagine goûter la peau d’Axel.

Rien, pas même le temps ne pourra les séparer ! Ils seront libres de s’aimer pendant trois jours ! Camille est heureuse comme si elle avait décroché la timbale ! Elle prépare son départ dans la joie ! Pour l’occasion, elle va faire une virée shopping ! Elle doit être parfaite ! Elle doit être la plus merveilleuse des femmes, mi elle et mi geisha ! Elle va conquérir Axel !

 

Elle attrape en vitesse son téléphone portable et compose le numéro de sa meilleure amie : « Allo Jude ? »

« Ah Salut Camille comment ça va alors ? »

 

« Super bien ma Belle ! Accroches-toi bien ! Je pars trois jours à Barcelone avec Axel ! «  Camille explose de joie ! Elle danse avec le portable collée à l'oreille !

 

«  Non ? Mais c’est super  ça ! Tu dois être trop contente ! Et Fred dans tout cela  ? « 

 

« Oh t’inquiète je te raconterai tout ça dans les détails. En fait là, je t’appelle pour savoir si tu peux m’accompagner faire du shopping ! J’ai envie de me faire super sexy pour Axel ! Tu vois ce que je veux dire !? »

 

« Tu m’étonnes que je vois ce que tu veux dire ! Tu dois être au top ce week-end ! Tu dois tout faire pour le séduire ! Axel va avoir la tête à l’envers ! Je peux venir si tu veux pour t’aider à être la plus belle ! « 

 

Camille lâche un rire moqueur !
 «  Tu sais ce n’est pas trop difficile quand tu vois sa femme ! Elle a une de ses têtes ces derniers temps ! Elle est grise ! Et, elle a beaucoup grossi en plus ! Puis, elle s’habille comme un sac ! Elle se la joue boulet quoi ! Axel ne la supporte plus !  « 

 

« A ce point là ? Tu ne m’avais pas dit qu’elle était jolie non ? »

 

« Elle ne l’est plus. Elle s’enlaidit à mesure qu’elle grossit. C’était une jolie fille naturelle. Mais en vieillissant, ça ne lui réussit pas du tout ! Elle devrait se maquiller et se coiffer au moins ! Tu vois elle est trop nature ! Elle porte des fringues sport wear ! Elle n’a aucun style ! Puis, ces derniers temps, elle est complètement éteinte ! Y plus de vie dans son visage !  La totale quoi ! « 

 

«  Ah je vois, le genre ! Elle vire un peu mégère  alors !  Tout pour plaire ! Je ne comprends pas ces femmes qui se laissent aller sous prétexte qu'elles ont un mec ! Elles sont naives ! C’est pas le genre talons hauts et dentelles alors ? »

 

« Ah bah ça ! Elle ne risque pas avec ses basket et son look d'ado attardé ! Alors on y va  faire les boutiques ? »

 

« OK ma poule ! Je t’attends rue de Passy alors ? »

 

 

 « Super ma Belle ! « 


 

 

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Dimanche 18 mai 2008



Camille brule d’amour pour Axel. Elle ne supporte plus la présence de Frédéric. Tout l’agace chez son compagnon. Il l’irrite, il l’énerve. Elle se demande ce qu’elle a bien pu lui trouver !

 Il est difficile de vivre avec un homme que l’on n’aime plus. Cela demande beaucoup d’efforts et de retenue.

Camille ne voit plus que  les défauts de Frédéric. Les yeux de l’amour atténuent les disgrâces de l’être aimé. Et lorsque l’amour s’effiloche, notre regard  souligne ses disgrâces comme si elles s’étalaient au milieu du visage.

 

Le corps de Camille est près de celui de Frédéric. Ils sont assis cote à cote dans le grand canapé jaune. Leurs corps se frôlent  dans un silence de plomb. Il ne se passe rien. Les pensées de Camille s’envolent vers Axel. Camille est obligée de rester avec Frédéric. Elle lui ment. Elle dissimule la vérité. Elle est là sans être là. Elle répond à ses obligations.  Mais, personne ne peut contrôler ses sentiments et ses émotions. Elle est libre de penser et de rêver à Axel autant qu’elle le souhaite ! Frédéric ne peut pas lui voler cette liberté ! C’est tout ce qu’il lui reste : la liberté de penser à l’homme qu’elle aime !  

Camille pleure. Elle craque. Comment cette histoire se terminera-t-elle ? Comment vont-ils s’en sortir tous les quatre ?

 

Frédéric la regarde avec un air étonné : «  Mais que se passe-t-il ma Chérie ? C’est ton boulot qui te rend aussi fragile ? »

 

Camille s’énerve. Elle repousse brutalement la main de son compagnon :

«  T’es aveugle Fred ? Tu vois pas que je souffre ? Tu vois pas que je suis malheureuse ! Tu es tellement centré sur tes problèmes que tu ne vois plus le reste ! Tu ne penses qu’à toi et à ta fille ! Et moi dans tout ça ? ! « 

 

« Laisse ma fille en dehors de cela, tu veux ?! Je ne t’ai jamais cachée que j’avais une fille ! Tu le savais dès le début ! Je te donne tout Camille ! J’ai bien dit tout ! C’est vrai qu’en ce moment je suis noyé dans mes problèmes. Je te néglige. Mais je tiens à toi ! Tu le sais en plus ! « 

 

« J’en peux plus. Je passe toujours après les autres ! Personne ne se demande ce que je veux ! Personne ne se préoccupe de moi ! Je suis malheureuse ! « 

 

«  J’entends bien Camille ! Mais que veux-tu que je fasse là tout de suite ? Laisse- moi du temps ! Dès que j’aurai réglé les problèmes d’héritage, on fera des choses ensemble, juste toi et moi ! Que dirais-tu d’un petit voyage ? »

 

« Tu ne comprends rien Fred ! T’es à coté de la plaque ! C’est pas une question de voyage tous les deux ! C’est bien plus grave que cela ! J’ai envie de te quitter ! « 

 

Camille a lâché le mot ! Elle l’a dit. Elle a osé envoyer un missile sur Frédéric ! Elle souffre tellement de sa relation avec Axel, qu’elle a envie de faire mal ! Elle a voulu provoquer Frédéric ! Elle souffre bien elle, alors pourquoi pas lui !

Frédéric reste bouche bée. Il regarde Camille avec des grands yeux tout ronds qui lui sortent de la tête : «  Ne me dis pas que c’est à ce point là ? Tu ne vas pas me quitter quand même ? ».

Frédéric s’effondre en larmes. Il prend sa tête dans ses mains et il pleure comme un enfant. Il n’imagine pas sa vie sans Camille. Il ne comprend pas ce qui se passe. C’est certainement une crise de couple comme tous les couples en traversent. Pourquoi eux ne réussiraient-ils pas à surmonter cette crise ? Pourquoi ?

 


 

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Lundi 12 mai 2008


Musique qui réchauffe mon coeur
Souvenirs qui me transportent de bonheur !
Mes pensées volent vers toi,
Toi qui enbellis ma vie !


par Elise publié dans : Musique
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Lundi 12 mai 2008


Chanson que Granny chantait tout le temps.. Pour que vivent les souvenirs.


 

Le chagrin nous rattrape toujours !

On croit s’en être débarrassé ! On marche tête haute !

On avance et on regarde loin, très loin devant soi !

Et l’on espère avoir le cœur léger comme une plume !

 

Puis la chute. Une voix, une chanson, une odeur, un objet et l’on vacille.

On se replonge dans ses souvenirs. On plonge tête la première !

Les larmes coulent toute seule. Le chagrin pointe son nez !

Ils nous assaillie.

 

J’ai une grosse boule dans la poitrine.

C’est douloureux. J’ai mal.

Parfois l’absence me rend dingue.

Comment accepter de vivre ainsi ?

 

Plus jamais ta voix,

Plus jamais ton sourire,

Plus jamais ton rire,

Plus jamais ton regard bienveillant sur moi,

Tourner la page,

Tourner le dos,

Tourner et se retourner encore et encore,

Accepter ton absence

Accepter ton départ..

  

Je n’accepte pas.

Je  reste là figée par le chagrin.

 

 

 

 

 

 

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