Ce week-end, Angèle est seule. Axel est parti en Espagne avec ses collègues de bureau. Pour les récompenser d’avoir atteint tous les objectifs, Phil, les a invités à passer un week-end à Barcelone.
Angèle ne se sent pas bien. Elle est triste. Elle ignore les raisons de sa mélancolie. Elle a tout pour être heureuse. Pourtant, elle va mal. Elle est sur la pente raide. Chaque jour qui passe se révèle être une épreuve. Elle n’a le goût de rien, comme si elle déprimait.
Ce matin, Axel l’a quittée sur le parking de leur domicile. Il l’a embrassée à la hâte ! Il semblait si content de partir ! Elle a eu un pincement au cœur. Elle aurait aimé qu’il l’embrasse tendrement, qu’il la serre très fort dans ses bras et qu’il lui murmure à l’oreille : « Tu vas me manquer, prends soin de toi, je t’enverrai des sms ! »
Il l’a embrassée vite fait bien fait et il a démarré la voiture en trombe. Elle l’a regardé partir. Elle est restée plantée sur le parking, les deux bras ballants. Elle s’est installée au volant de sa voiture et elle s’est mise à pleurer. La solitude s’est abattue sur elle. Une angoisse a pointé le bout de son nez. Angèle a démarré la voiture nerveusement. Elle ne voyait même pas la route. Ses yeux étaient trempés de larmes.
Axel ne lui a pas donnée de nouvelles de la journée. Elle sait qu’elle ne doit pas l’appeler. Axel aimerait tellement qu’elle soit plus indépendante ! Il lui a demandée d’aller s’amuser tout le week-end ! Elle se voit donc contrainte de faire la fête avec ses amis. Seulement, elle n’a pas le cœur à s’amuser. Elle ne sait pas ce qu’elle veut. Elle a peur de rester seule dans le grand appartement. Elle craint de dormir seule dans le lit qui abrite leurs étreintes. Pourtant, elle n’a pas le courage d’aller voir ses amis. Elle se sent si faible et si vulnérable. Personne ne comprend ses états d’âmes. Elle est obligée de jouer la comédie en permanence ! Elle a de plus en plus de mal à faire semblant. Elle sent qu’elle dérape. Elle devient irascible !
Le lendemain matin, elle se réveille aux aurores. L’appartement est vide. Il n’y a aucune vie. Elle angoisse. Elle traine sa misère dans toutes les pièces de l’appartement. Elle est triste. Elle se prépare. Elle essaie de bien s’habiller. Elle enfile son pantalon bleu. Il est trop petit. Elle le jette par terre. Elle met sa jupe beige. Elle se sent boudinée. Finalement, elle portera encore le jean bleu foncé !
Elle a rendez-vous en fin de matinée avec sa meilleure amie Lisa. Elle est heureuse de la voir ! Elles ont décidé toutes les deux de passer une journée entre filles !
Angèle arrive au rendez-vous à Saint Lazare ! Lisa l’attend ! Elle semble de bonne humeur ! Lisa lui adresse un grand sourire !
« Salut ! Te voilà ! Alors on va faire un tour aux galeries Lafayette ? C’est ce que tu voulais faire Angèle ? »
« Oui ! Je n’ai plus rien à me mettre sur le dos depuis que j’ai pris du poids ! J’en ai marre tu sais ! «
« Tu ne vas pas remettre ça avec ton poids ! T’as grossi et c’est tout ! Plus tu en parles, pire c’est ! C’est pas la fin du monde non plus ! «
« C’est facile à dire ! C’est pas toi qui te tapes les réflexions d’Axel ! «
« Ca m’étonnerait qu’Axel te dise quelque chose ! Il est si gentil et compréhensif ! «
« Bien détrompes-toi ! Il m’a dit que c’était malhonnête de changer comme ça ! Il m’en veut à mort ! J’en peux plus »
Angèle se met à pleurer au milieu de la rue. Tous les passants la bousculent. Certains la regardent d’un air effaré ! Lisa est gênée par le spectacle. Elle empoigne son amie par le bras et elle l’enjoint de venir avec elle ! Angèle résiste. Elle n’a plus la force de faire un pas. Elle reste au milieu de la rue comme une âme errante.
Lisa s’impatiente : « Bon Angèle ! On y va ! Ne reste pas comme ça à pleurer au milieu de la foule ! Merde alors ! «
Angèle explose de colère : « Mais je m’en fous des gens moi ! Je m’en fous moi ! Tu comprends ! Je suis épuisée ! Axel me trompe en plus ! «
Lisa explose de rire : « Axel te tromper ? Tu dérailles ma cocotte ! C’est pas sérieux de dire ça ! Il est si timide ! il n’ose même pas draguer une fille ! Arrête ! T’es en train de te monter la tête avec tes trois kilos en plus ! «
« Non ! Pas du tout ! C’est sérieux ! T’est trop conne toi aussi ! Tu ne comprends rien ! Tu dis que t’es ma meilleure amie et tu ne me soutiens même pas ! «
« Angèle ! Ne m’insulte pas ! T’exagères ! Tu vas mal en ce moment ! Je ne te reconnais plus ! Que se passe-t-il ? T’es en train de péter les plombs ! »
« Mais pas du tout ! Ouvre les yeux ! Axel n’est pas l’homme parfait que tu idéalises ! Il me trompe ! Je le sais ! Je le sens ! Tu m’énerves à toujours lui donner raison ! «
« Non ! Je ne lui donne pas raison ! C’est injuste de me dire cela ! Tu as des preuves de son infidélité ? »
« Non ! Je le sens c’est tout ! Axel me rend dingue en ce moment. Il rentre de plus en plus tard à la maison. Il fait plein de choses derrière mon dos. J’en peux plus ! »
« Vous traversez une crise c’est tout ! Je sais que c’est dur pour toi en ce moment. Tu en es où de tes problèmes de santé ? Tu y retournes quand à l’hôpital ? «
« C’est la semaine prochaine. J’ai peur Lisa. J’ai très peur de ce qu’ils vont me dire. Si je ne guéris pas, nous ne pourrons pas avoir d’enfant »
« Je sais. Je sais que c’est une épreuve très difficile. N’en veux pas à Axel pour autant. Il a peur. Je crois qu’il ne sait pas comment faire ! «
« Surement ! Mais je me sens si seule ! Le plus douloureux c’est cette putain de solitude qui m’étouffe lorsque je suis à l’hôpital ! Et si je n’y arrive pas ! Parfois j’ai peur de ne pas m’en sortir ! Ca fait un mois que je ne prends plus aucun traitement ! J’ai peur de rechuter ! La peur me terrifie ! J’ai envie de hurler de douleur ! «
« J’imagine. Je suis là tu sais ! Pourquoi tu ne me le dis pas quand tu vas mal ? Je peux t’accompagner à l’hôpital ! Je t’en veux de te murer dans le silence comme ça ! Je t’en veux de me faire comprendre que je ne suis pas à la hauteur de notre amitié «
« Mais non Lisa ! Tu te trompes ! Je vis les choses seule. Tu sais ! Personne n’est au courant ! Tu es la seule à savoir que je suis malade. Avec Axel, on a refusé d’en parler à notre entourage. On cache les choses. Parfois c’est plus facile à gérer. Parfois, j’en peux plus «
« Tu devrais le dire à tout le monde ! Comme ça tout le monde prendrait soin de toi ! Je ne comprends pas cette idée de cacher tes problèmes de santé ! C’est pas un secret d’Etat ! C’est ridicule ! «
« Axel et moi, on n’a pas envie d’en parler autour de nous. C’est d’abord mon souci, puis celui d’Axel. Puis c’est aussi notre intimité à tous les deux. On n’a pas envie d’étaler notre vie comme ça ! «
« Vous avez tort. Ca te ferait du bien d’en parler Tu portes un fardeau toute seule. Ne sois pas étonnée de péter les câbles ! «
« Oh ! Le plus dur tu sais c’est lorsque les gens bienveillants nous demandent pour quand est le bébé ! Que veux- tu répondre à cela ! J’en sais rien moi ! Peut-etre pour jamais ! »
« Bah justement si tu ne dis rien, les gens ne peuvent pas deviner ! Ne leur en veut pas alors hein ! «
« C’est facile à dire ! Mais moi, je craque ! Je crois que je n’aime plus Axel. Parfois je doute. Je me sens cruellement seule dans les épreuves de la vie. Je crois que je fais une dépression. Je m’en veux. «
« Mais bien sur que tu aimes toujours Axel ! Tu souffres tellement ! T’es paumée c’est tout ! Ne t’inquiète pas ! Axel est là près de toi ! C’est un homme merveilleux ! Tu sais que tu as beaucoup de chance Angèle ! J’aimerai tant avoir un homme comme ça ! Alors accroche-toi ! Le soleil est au bout du tunnel ».
Angèle dépose Lisa en voiture. Elle ne veut pas monter chez son amie. Elle a hâte de rentrer chez elle. Lisa ne la comprend pas comme elle le voudrait. Lisa défend toujours Axel. Angèle ne va pas bien. Elle ne trouve pas de réconfort. Elle sombre petit à petit.
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander