Pour que vivent les mots !

Lundi 2 juin 2008

 

Pendant ce temps là, Angèle et Axel continuent de s’écharper !

Axel refuse de laisser partir sa femme. Il  la retient fermement par le bras. Il empoigne Angèle et il la secoue vivement !

Angèle s’énerve. Elle se débat. Elle résiste ! Plus Axel tente de la retenir et plus elle a envie de le quitter. C’est classique : «  Fuis- moi je te suis, suis-moi  je te fuis «  comme dit l’adage populaire !

 

«  Mais lâche-moi Axel ! J’en ai marre ! Je veux partir ! » Hurle Angèle !

«  Non ! Tu ne pars pas à cette heure là ! Il fait nuit et froid dehors ! « 

« Et qu’est ce que cela peut te faire ! Arrête ! Tu me fais mal au bras en plus ! Lâche- moi le bras ! « 

« Et bien cesse de te débattre ! Calmes- toi ! Ca suffit maintenant ! Raisonne-toi !  « 

« Je veux partir ! Je ne te supporte plus ! Tu me rends malade ! Laisse- moi partir s’il te plait ! Je t’en supplie ! «  Angèle crie fort. Elle pleure. Elle est rouge de colère. Elle se débat de toutes ses forces. Avec le plat de sa main, elle repousse brusquement son mari. Elle est en sueur. Ses cheveux nattés s’ébouriffent ! De longues mèches brunes lui mangent le visage !  Elle s’épuise. Axel tire brutalement sur le bras d’Angèle. Surprise par la secousse, elle tombe par terre le long du divan. Elle pleure de plus en plus fort. Elle est à terre ! Axel desserre sa main. Le bras d’Angèle est rouge.

Axel se demande ce qu’ils leur arrivent. Pour la première fois, il a eu envie de faire mal physiquement à sa femme. Il a ressenti du plaisir à lui broyer la chair !  Il la regarde d’un air perplexe. Elle ne bouge plus.
Elle pleure  comme une enfant et elle se lamente :


« Mais pourquoi tu m’empêches de partir ? Pourquoi ? Alors que tu ne m’aimes pas !  J’ai envie d’être seule ce soir. J’ai besoin d’air ! Tu ne comprends pas ! « 

« Si ! Mais il est hors de question que tu prennes la voiture dans cet état là. Tu vas avoir un accident ! C’est dangereux ! « 

« Et depuis quand tu t’inquiètes pour moi ?! Bien pars alors ! Et laisse-moi tranquille ! Pars ! « 

« Non ! Je suis chez moi, moi aussi ! « 

Angèle se lève et bouscule son mari : «  Soit tu me laisses partir, soit tu pars s’il te plait ! »

« Non ! Non ! Non ! On arrête ça immédiatement ! Reprends tes esprits ! Et contrôle tes émotions s’il te plait ! Tu es trop impulsive !   « 

 

Angèle perd patience ! Elle bouillonne ! De rage, elle ouvre le dressing et d’une main balaie tous les vêtements d’Axel ! Les pulls pliés à quatre épingles volent dans tout l’appartement ! Angèle ne se contrôle plus !
Son mari la maitrise par la force : «  Stop Angèle ! Tu es cinglée ! Tu n’as pas le droit de faire ça ! « 

« Oh Arrête hein ! Je t’aide à partir plus vite ! Tu mets  le tout dans une valise et tu te casses ! Tu comprends ce que je dis ? C’est clair ? Tu te casses d’ici pauvre abruti ! Je ne veux plus te voir ! Va au Diable toi et tes fichus mensonges !  « 

«  Mais tu es hystérique ma parole ! T’es complètement malade ! De quel droit tu mets toutes mes affaires par terre ! Tu vas te calmer hein ? J’ai épousé une folle ! « 

« Je me calmerai dès que tu seras parti ! « 

« Ok, je vais m’en aller alors ! Je reviens dans quelques heures ! Calme-toi !  Je veux la paix ! « 

« C’est ça ! Casse-toi  espèce de menteur ! »

 

Angèle ouvre la porte d’entrée et pousse son mari sur le pallier !

«  Ne me pousse pas Angèle sinon je dépose plainte au commissariat ! J’ai des droits, ne l’oublie pas ! « clame Axel !

 

Elle referme la porte brusquement derrière lui !  Elle s’effondre par terre  en larmes. La pression retombe. Elle est assise sur les pulls d’Axel !

 

Elle va s’allonger sur le canapé. Elle regarde les images qui défilent sur le petit écran. Son bras lui fait mal. Elle ne peut plus le bouger. Elle pleure et renifle. Elle ne comprend plus Axel. Ce soir, il a été particulièrement violent. Elle le soupçonne de lui avoir fait mal délibérément.

Elle se lève et marche nonchalamment vers le bureau. Les vêtements d’Axel jonchent le sol. L’enveloppe  est en mille morceaux. La pièce est sans dessus dessous, elle porte les traces de leur querelle.

 

Angèle s’assois à son bureau. Elle se prend la tête entre ses mains. Elle réfléchit. Elle ne sait plus ce qu’elle désire. Elle a le sentiment de ne plus aimer son mari. Elle ignore s’il s’agit d’une crise passagère ou s’il s’agit de la fin d’une histoire d’amour. Cette idée là, l’effraie.

Elle prend son petit cahier bleu. Elle l’ouvre à une nouvelle page blanche. Elle y consigne ses états d’âme :


«  Si, un jour,  le chagrin venait à  me rendre folle, je veux laisser une trace de ma lucidité ! Si un jour, la mort m’emporte, je veux laisser une trace de ma vie de femme mariée ! Je suis mariée à un menteur, un dissimulateur. Tout m’est caché. Axel me trahie. A force de me sentir trahie, je n’ai plus confiance. J’ai peur qu’Axel me fasse du mal. Je me sens seule dans cette vie ! Lorsque j’ai rencontré mon mari, il se faisait un point d’honneur à toujours être fidèle à la vérité ! La vérité était son cheval de Troie ! Je trouvais cela formidable ! Je l’admirais beaucoup ! Aujourd’hui, mon mari me trompe sur toute la ligne. Je le sens. Je sais qu’il regarde les autres femmes avec une irrépressible envie de coucher avec elles ! Je ne suis pas dupe ! A ses yeux, elles sont toutes plus jolies que moi ! Elles sont minces et élégantes ! L’apparence est primordiale pour Axel ! Je ne suis pas assez jolie et souriante pour lui ! Je ressens une pression psychologique qui est lourde à porter. Axel me met dans une case d’où je ne peux pas sortir ! Tous les efforts que je déploierai seront vains car je ne pourrai jamais m’échapper de cette case ! Je souffre beaucoup. Je crois que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.

Cette nuit, j’ai rêvé que j’étais dans les bras d’un homme. Je me sentais merveilleusement bien ! Il avait une voix rauque et chaude. Il me parlait gentiment ! Lorsque le réveil a sonné ce matin, j’étais triste ! J’aurai aimé que ce rêve ne se termine jamais ! J’étais si heureuse cette nuit dans les bras de cet inconnu !

J’espère que demain sera autrement. On a tous des épreuves à surmonter dans la vie ! Si je suis malheureuse avec Axel ce n’est pas pour rien ! Il y a surement une raison à tout cela ! J’espère que la vie me montrera le chemin à suivre. Pour le moment, je souffre tellement que je me remplis des plus vils instincts. Axel m’inspire des mauvais sentiments. Je ne vois plus la lumière. Je suis la partie sombre. « 

 


par Elise publié dans : Essais : une histoire au fil des jours
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Lundi 2 juin 2008

Ce soir, Camille a rendez-vous avec Jude, quartier de l’Opéra.

Jude est moins disponible depuis qu’elle vit en couple. Elle est l’unique amie de Camille. Toutes les deux se sont rencontrées lors de leurs études supérieures. Elles ont eu l’une pour l’autre un coup de cœur ! Leur amitié est sans failles ! Jamais, elles n’ont eu la moindre petite dispute ! Elles sont très complices !

Jude est une jolie blonde aux cheveux longs et raides. Ses longs cheveux balaient son dos !  Elle a de magnifiques yeux bleus ourlés de cils clairs et un teint diaphane. Jude inspire la pureté et l’innocence ! Elle aime jouer les belles ingénues ! Elle a un corps de liane ! Son allure altière lui confère l’élégance de sa beauté !

Camille est son opposé ! Elle est métissée et de taille moyenne. Sa mère est d’origine indienne et son père possède des origines chinoises. Camille a la beauté des femmes exotiques. Ses yeux ressemblent à de jolies prunelles noires. Son regard est espiègle et mystérieux.  Jude la glace, Camille le feu, c’est un tandem chic et choc !

 

Toutes les deux sont de ferventes adeptes de la mode ! Elles s’habillent comme dans les magazines féminins ! A elles, les derniers sacs tendances, les  talons hauts et les petites blouses ! Elles se dandinent sur leurs «  manolos »  et avancent  avec une démarche souple et princière !

 

Ce soirs, Camille et Jude vont diner au restaurant le «  Barramundi » !

C’est un restautant lounge qu’elles apprécient beaucoup. Elles aiment les lieux « hype » de  la capital ! La décoration de ce restaurant oscille entre l’Orient et l’Afrique. Camille est friande de ce genre d’endroit un peu exotique. Elle adore la décoration, les statuettes ethniques,  les objets d’arts ! Elle aime aussi être confortablement installée dans des fauteuils Voltaire un peu cosy !

 

Jude attend Camille près de l’abri bus. Il fait froid. C’est l’hiver. Le vent est glacial. La nuit est déjà tombée. Jude est emmitouflée dans son long manteau en cachemire. Elle porte une belle écharpe gris chiné. Elle a une classe folle ! Elle grelotte !

« Jude ! Je suis là ! «  lui crie au loin Camille

Elle voit la main de Camille qui s’agite ! Elle part à sa rencontre. Les deux amies se claquent quatre bises amicales sur les joues. Elles se serrent dans leurs bras comme pour se dire : «  Je ne vais pas bien ! « 

 

Jude pousse la lourde porte du restaurant. Une jeune femme affable s’approche d’elles. On voit ses lèvres bouger, mais on n’entend pas ce qu’elle dit. La musique bat son plein. C’est de la musique d’ambiance ! L’hôtesse s’approche de l’oreille de Jude. Camille reste en retrait.

Les deux amies s’installent à une petite table au milieu de laquelle est posée une jolie bougie. Il fait sombre. La lumière est tamisée. Elles commencent à papoter dans la pénombre de la salle :

« Alors Camille, t’en es où de tes amours ? « 

«  Oh ! Je n’ai plus le moral ! Entre Frédéric qui me fait de nouveau une dépression nerveuse et Axel qui ménage la chèvre et le chou ! Je suis à cran ! J’ai un mec qui traine sa misère dans ses vieux pyj et un amant qui me fait tourner en bourrique ! « 

« Si je comprends bien tu es la chèvre dans l’histoire ?! »

« Oui ! Exactement ! Axel me demande de patienter ! Mais je crois qu’il s’installe dans cette relation clandestine ! Et s’il ne la quittait pas ? J’ai peur soudainement ! Tu ferais quoi toi à ma place ? « 

« Je ne serai pas à ta place moi ! Mais ouvre les yeux ma Biquette ! Les hommes mariés ne quittent pas leur femme pour leur maitresse ! Ou alors c’est rare ! A la maison, il a des charentaises bien confortables ! Il les aime ses vieux chaussons tout déformés ! Et à l’extérieur, il a la dernière paire de mocassins à la mode ! Tu sais les « Geox  qui laisse le pied respirer « !  Alors, moi à ta place, je le quitterai sur le champ ! Mets-le en danger ! Fais quelque chose merde  ! « 

« Je ne peux pas ! Je subis ! Je l’aime à en crever ! Je vis pour lui ! Dès que je pense à lui, j’ai des papillons plein le ventre ! Pourquoi je n’ai pas le droit au bonheur moi ! Elle a quoi de plus que moi Angèle ?« 

« Elle a rien de plus que toi ma Belle. Elle était simplement là avant toi ! C’est tout ! Tu es mieux qu’elle ! Tu le sais en plus ! Il y a surement quelque chose de bien qui t’attend ! Mais, ce n’est pas le moment ! »

« C’est facile de dire ça ! Toi tu as tout ! Ton mec est  beau et adorable ! Ton boulot est super intéressant et valorisant ! Tu as tout réussi, sur tous les fronts ! « 

« Peut-être. Mais, je ne suis pas totalement heureuse ! J’aimerais avoir des enfants. Et, ça ne marche pas ! Je suis triste. Mon désir de maternité est si fort que je deviens agressive ! C’est viscéral ! J’ai envie d’être maman. Mes hormones font des bonds. Je pète souvent les plombs. En ce moment, on s’engueule pour tout et pour rien à la maison ! Si, je continue ainsi, je vais le perdre ! Il va vite en avoir marre de mon côté cerbère ! Je vais devenir une vieille épouse acariâtre ! « 

« Oh Jude ! Pourquoi ne m’as-tu rien dit ? Tu dois traverser des moments difficiles ! On porte toutes les deux notre croix  ! Je ne savais pas que tu voulais un bébé ! Ca fait longtemps que vous essayiez ? Et tu es allée voir un gynéco ?  »

 

La serveuse les interrompt pour prendre la commande.

Elles commandent des bières de Oulan-Bator et de Calcutta !

Toutes les deux se regardent dans les yeux. Elles savent qu’elles ne sont pas heureuses. Mais, elles dissimulent leurs émotions. Elles n’ont pas envie de pleurer ce soir ! Elles veulent se changer les idées !

 

«  Et le boulot sinon Camille ? »

«  Bof ! Je suis tellement obsédée par Axel que ne n’arrive plus à me concentrer sur ce que je fais ! Tu sais c’est horrible d’être amoureuse de son collègue marié ! On est confiné dans nos bureaux ! Je ne peux échapper à son regard et vice versa ! Je ne peux pas le zapper comme ça ! »

« Hum.. Et oui ! C’est une folie de mélanger sexe et boulot ! Moi je t’ai toujours dit ma Belle, not sex at the compagnie ! ! Sinon tu vas droit dans le mur ! Je crois que tu t’es fourrée dans une histoire bien compliquée ! Et ton boss il le sait ? « 

« Mon boss ne sait rien ! Il connaît la femme d’Axel ! On est obligé de se cacher comme des voleurs ! Tout ça me pèse ! J’ai le sentiment d’être une paria ! « 

«  Je ne sais pas où cela va te mener ! J’espère que tout finira par rentrer dans l’ordre ! Tu m’inquiètes beaucoup ! « 

« Je suis si malheureuse ! « 

 

Les deux amies dégustent délicatement leurs mets. Elles se sourient. Elles profitent de l’atmosphère détendue du restaurant. Elles se sentent presque coupées du monde extérieur.

Elles savent que la trentaine est un cap difficile. Elles se comprennent à demi-mots. Elles doivent donner l’impulsion à leur vie de femme. Toutes deux sont à un carrefour de leur vie. Elles se soutiennent. Elles se comprennent ! Elles s’épaulent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


par Elise publié dans : Essais : une histoire au fil des jours
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Dimanche 1 juin 2008

Axel met la clé dans la serrure ! Il pousse doucement la porte d’entrée.

Angèle est là debout immobile ! Elle l’attend les bras croisés ! Elle ne bouge pas. Elle ne dit pas un mot. Axel a un regard ahuri ! Il se demande ce qui va lui tomber dessus ! Il imagine en un quart de secondes tous les scénaris possibles :  «  Camille a téléphoné à Angèle ! Elle sait ! La garce !» « Elle a fouillé dans les poches de mes vestes ! Les traces, les fameuses traces » « Je dois tout nier en bloc ! « 

 

Angèle rompt le silence. Elle lance à Axel un regard rempli de foudre !

«  C’est quoi ça ? «  dit-elle en agitant une enveloppe ! Elle est furieuse ! Sa voix devient de plus en plus aigue ! Son bras agite l’enveloppe de plus en plus vite !

Axel ne comprend pas ! Il ne voit pas de quoi parle sa femme. Il prend un air innocent et d’une petite voix lance : «  C’est quoi cette enveloppe ? C’est quoi ce cirque ?! Tu me fais quoi là ? »

 

« Ce cirque comme tu dis ? C’est la facture que tu as oubliée de payer à maintes reprises ! Comment ça se fait que je n’ai jamais reçu les lettres de rappel ! Comment se fait-il que toutes nos factures soient impayées ? Il est où l’argent alors ? Tu me le dis hein ?! « 

 

Axel respire de nouveau ! Elle ne sait pas ! Elle a juste découvert l’histoire des factures ! Il est soulagé ! Il a envie de lui sauter au cou et de l’embrasser ! Ce n’est pas ce soir que sa vie se brisera ! Et un jour de gagner au compteur du bonheur !

Axel esquisse un sourire «  C’est rien ma Tartine ! J’ai juste oublié de poster les factures ! Et l’argent, je l’ai utilisé sans m’en rendre compte ! Tu me connais ! Je ne suis pas fichu de gérer un budget moi ! Mais c’est pas grave ! Je vais payer demain et tout rentrera dans l’ordre ! »

 

« Non ! Ca ne rentrera pas dans l’ordre ! Si je n’étais pas tombé sur ces factures, tu ne m’aurais rien dit ! Et que me caches- tu encore ? Je crois que tu me dissimules beaucoup de choses ! Je n’ai plus confiance en toi ! Et cesse ton petit sourire narquois ! Tu me rends dingue ! « 

 

Angèle est en colère. Elle crie de plus en plus fort ! Sa voix est devenue stridente ! Elle ne peut plus arrêter le flot de reproches ! Elle sent qu’elle va frôler le point de non retour !

 

« Allez tu arrêtes ça tout de suite ! Tu te rends compte que tu te mets dans cet état là pour un petit oubli de facture ! Mais tu n’es pas bien ! Je crois que tu devrais aller consulter un psy ! Cela te ferait beaucoup de bien ! Tu es en train de devenir folle ! Regarde-moi ça ! Regardes-toi un peu ! « 

 

«  Ca suffit Axel ! Tu sais très bien que je ne suis pas folle ! Tu me caches plein de choses ! Tu te fous de moi ! Tu crois que je suis dupe ! Regarde-moi bien dans les yeux et dis-moi que tu ne me caches rien d’autres ! Allez je t’écoute ! « 

 

« Oui ! Je peux te regarder droit dans les yeux et te dire que je ne cache rien d’autres ! Je dis la vérité ! Je ne te mens pas ! « 

 

Angèle a les larmes aux yeux. Elle semble abattue. Elle répond avec un ton tranchant : «  Tu me mens et je le sais ! «  Et, elle part d’un pas rapide. Elle attrape la peluche qu’Axel lui a ramenée d’Espagne. Ce cadeau symbolisait leur désir de faire un bébé. Angèle balance la peluche sur Axel :

 «  Tiens je te rends ton cadeau ! Non ! On ne fera pas de bébé ! Tu sais pourquoi ? Parce que je te quitte pauvre con ! Sale menteur ! Tu vas finir mythomane à force de ne plus faire la différence entre les mensonges et la vérité ! «   

 

Axel perd pied. Il refuse d’entendre cela. Il ne veut pas qu’Angèle parte.

Angèle prend son manteau et son sac à main. Elle se dirige vers la porte de l’entrée.

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Dimanche 1 juin 2008

 

- "Axel c’est moi, Camille !"

Axel est en rendez-vous. Il rougit. Il est gêné. Il répond de façon laconique : «  Merci de me rappeler dans un instant «

Jamais Angèle ne s’est permis de lui téléphoner lorsqu’il était en rendez-vous. Et voilà que Camille le dérange sans aucune retenue ! Il lui en veut ! Il se sent déstabilisé. Il expédie son client. Il bâcle. Phil va lui tomber dessus à bras raccourcis. Il n’est plus concentré sur son boulot ces derniers temps. Il fait n’importe quoi. Il a la tête comme une pastèque.

Il décroche le téléphone fixe et appelle Camille «  C’est moi ! »

« Tu me manques tellement mon cœur ! « 

« Je sais Camille ! Mais ne me dérange pas comme ça ! J’aime pas ça. Tu sais bien que je fais tout pour nous ! Avec Angèle, on est en bonne voie pour la rupture ! Sois patiente ! »

« J’en ai marre que tu me dises de patienter !  Je ne peux pas ! Je t’aime. Je veux que l’on partage plus de moments ensemble ! Pourquoi on ne fait jamais l’amour dans un lit nous ? J’ai le sentiment d’être une pestiférée ! Je n’ai pas le droit au même respect que les autres moi ? Pourquoi ? »

« Camille ne t’énerve pas. C’est difficile avec Angèle en ce moment. C’est très dur psychologiquement. Comprends- moi ! Je souffre ! « 

« Ah oui ! Et moi tu ne crois pas que je souffre ? Moi j’ai rien demandé ! Alors tu te débrouilles comme tu veux mais je veux une nuit en entier ! Tu as compris en entier ! « 

« Ta demande est légitime Camille ! Je vais faire mon possible »

« Tu fais comme tu veux si tu ne veux pas me perdre ! Je ne suis pas une roue de secours moi ! « 

 

Camille court prendre son métro. Elle est triste. Elle regrette d’avoir mis la pression à Axel. Et s’il en profitait pour se défiler ? Elle a peur de le perdre. Elle ne sait plus comment manœuvrer. Elle a tout essayé !

Elle craint qu’Axel s’installe dans cette relation ! C’est confortable pour lui ! Au boulot il sort avec elle. Elle est sa bouffée d’oxygène ! Il s’amuse ensemble ! Ils ont une complicité très importante. Ils connaissent tous les deux les enjeux de leur travail respectif. Camille sait qu’elle est forte de tout cela. Angèle ne comprend rien au boulot d’Axel. Elle est incapable de le conseiller ! Et, pour tout dire, elle doit s’en foutre comme d’une guigne ! Pour elle, le plus important est que l’argent rentre à la fin du mois ! Le reste lui semble secondaire ! Ce n’est pas une ambitieuse !

Par contre, Angèle s’occupe bien de la maison. Axel ne fait presque rien ! Sa femme pense à tout. Elle est sa tête pensante ! Elle  programme même le réveil matin ! Axel est comme un enfant dont il faut s’occuper. Il aime être le centre d’attraction. Il a besoin de se sentir aimé.

 

Camille énumère tous ses atouts. Elle est perdue dans ses pensées. Elle ne voit pas les stations de métro défilées. Il est presque minuit. Et, elle vient de rater sa station. Enervée, elle descend en courant. Elle a les larmes aux yeux.

Elle marche d’un pas lent. Elle n’a pas hâte d’arriver chez elle. Enfin, chez Frédéric. Elle vit dans un appartement que Frédéric a eu en héritage. Elle sait qu’elle devra partir de ce lieu de vie s’il est rompt.

 

Frédéric ne supporte plus leur relation. Il fait une dépression. Le médecin lui a prescrit un traitement de cheval ! Il est devenu un zombi ! Il ne  parle pratiquement plus. Il erre en pyjama dans l’appartement !  Les médicaments l’abrutissent. Lorsque Camille arrive à l’appartement, Frédéric dort déjà depuis bien longtemps.

Cette situation arrange Camille. Elle peut rentrer à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Son compagnon n’a plus assez de lucidité et de force pour la questionner. Frédéric a baissé la garde. Il a rendu le tablier ! Il est hors de combat ! Il ne réalise même pas qu’il est trompé par la femme qu’il aime. Il est dans du coton. Il ne marche pas, il plane ! Il regarde sa vie au travers d’un prisme déformant.

 

Camille ne le supporte plus ! Il passe son temps avec la larme à l’œil. Il n’est pas désirable dans ses pyjamas de pépé et ses vieux chaussons tout déchiré ! Mais, il s’en fout. Il a perdu tout repère. Il laisse Camille lui échapper. Au fond de lui, il se demande où elle pourrait bien aller vivre ! Elle est habituée au confort et au luxe ! Son salaire lui permettrait tout juste de louer un petit studio dans les quartiers populaires de la capitale !

Ceci rassure Frédéric ! Camille est très attachée à son standing. Elle ne partira pas ! Elle ne le quittera pas ! Elle est sa prisonnière !

 

Frédéric est couché dans le grand lit. Il a froid. Camille n’est toujours pas rentrée. Il tourne et se retourne. Il a la tête qui tourne. Les comprimés commencent à faire effet ! Il se dit : «  Pourquoi les femmes ne m’aiment-elles pas pour moi ? Pourquoi c’est mon argent qui les retient ?

A croire, que je ne mérite pas d’être aimé. Pourtant, je donne tout ce que j’ai. J’ai mes faiblesses, mais je suis sincère dans mes sentiments. Cet argent c’est du poison ! J’ai perdu mes parents, mes grands-parents. Il ne me reste que leur argent. J’aimerais tant être heureux ! J’aimerais tant que Camille redevienne comme avant. Elle était ma petite fleur des iles ! Elle est ma moitié, mon tendre amour. A l’enterrement de Grand-mère, j’ai lu un texte d’amour en l’honneur de Camille. J’ai déclamé ma flamme ! J’ai voulu que Grand-mère sache que j’étais heureux d’amour ! Et aujourd’hui, Camille m’ignore. Elle me repousse comme si j’avais la gale ! Elle a oublié nos fabuleux souvenirs ! Elle a tout oublié !  « 

 

 

par Elise publié dans : Essais : une histoire au fil des jours
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Dimanche 1 juin 2008


Axel est assis à son bureau. Il fait semblant d’être très occupé. Il évite Angèle. Axel tient un journal intime comme sa femme. Mais, il ne le dit pas. C’est son jardin secret. C’est l’endroit où il se lâche.

Ce soir, il va mal alors il écrit comme à son habitude:

 

« La vie passe vite, très vite, trop vite. Jamais, je dis bien jamais je n’aurais pensé que j’aurais vécu cette vie. Elle ne s’est pas passée comme je le pensais. Plusieurs fois, j’ai essayé de me projeter dans l’avenir, exercice difficile pour moi, je ne me suis jamais imaginé, à aucun moment ce que j’ai vécu. A y penser, c’est comme si quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Rien ne semble normal et cohérent.  Relations de merde. Je suis devenu une merde. J’ai moins de désir pour Angèle. Camille est un fantasme pour moi ! Moi qui ai toujours été rejeté à l’école, moi qui ai peur de ne pas être aimé par les autres, je sors avec la plus belle fille du boulot ! Tous les mecs ont envie de coucher avec elle ! Je n’en reviens pas ! J’ai une femme et une maitresse sexy à mort ! Malgré cela, je ne vais pas bien ! J’ai un mal de bide pas possible ! Angèle ne me parle plus. Elle est comme une ombre. Je ne la vois même plus. Elle ne dit plus rien. Elle est la fragile absence L’autre soir, en rentrant du taf, j’ai trouvé Angèle assise sur le lit en train de pleurer. Je sais qu’elle ne pleurait pas depuis cinq minutes. Ses yeux étaient rouges et gonflés. Elle pleurait avec d’énormes sanglots. Son nez était bouché et elle respirait par la bouche. Je lui ai demandé ce qui n’allait pas. Je trouve cela étrange. Elle m’a répondu qu’elle ne savait pas pourquoi elle pleurait. Et, elle a continué de plus belle. J’ai insisté pour connaître les raisons de ces larmes. Elle s’est entêtée dans sa réponse. Je crois qu’elle sait pour Camille. Sinon pourquoi pleurerait-elle de la sorte. Je suis sortie de la chambre sans dire un mot. Je me suis senti lâche ! Je n’ai même pas été foutu de la consoler, de la serrer dans mes bras ! Je suis un salaud ! Je le sens ! Je suis retourné dans le bureau. J’ai parlé avec Camille sur msn. Elle m’a chauffé ! On a parlé cul. Ca m’a fait du bien ! Le sexe libère mes angoisses. Puis, je suis retourné dans la chambre. Angèle semblait ne pas avoir bougé d’un poil ! Elle pleurait toujours à chaudes larmes. Je me suis allongé près d’elle. Elle continuait de pleurer comme si elle ne me voyait pas ! Elle m’ignorait. Elle était enfermée dans son chagrin et rien ne pouvait la perturber ! J’avais envie de vomir ! Comment peut-elle se murer comme ça ! J’aurais aimé la secouer un grand coup pour la faire sortir de sa torpeur. Mais je sais que cela ne sert à rien ! Angèle ne m’aurait pas écouté ! J’ai seulement levé le ton. Je lui ai demandé de cesser de pleurer et de venir mettre sa tête sur mon épaule. Elle n’a manifesté aucune réticence ! Elle s’est lovée contre moi et s’est calmée tout doucement. J’ai profité de ce moment de calme pour la questionner. Elle a éludé mes questions. Et, elle s’est endormie épuisée par le chagrin. Dans ces moments là, j’ai envie de me foutre sous le RER. Camille pleure. Angèle pleure. Et moi, j’en peux plus de ma vie de merde. J’étouffe. « 

 

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Dimanche 18 mai 2008


Angèle préfère rester seule, retranchée derrière les murs de son appartement. Elle s'isole. Elle a peur. Elle est consciente d’avoir pété les plombs avec son amie Lisa. Elle se sent partir à la dérive. Elle ne parvient plus à se contrôler. Elle ressent une douleur permanente au niveau de son estomac. Plus elle souffre et plus elle s’enferme dans sa bulle de tristesse.

Elle a mal. Elle aimerait arracher ce mal et le jeter loin d’elle. Mais elle n’y arrive pas. Elle se sent faible et fragile.

 

Angèle fait les cent pas dans l’appartement. Elle n’a toujours pas eu de nouvelles d’Axel. Elle ne sait même pas quand est-ce qu’il rentre. Il ne lui a rien dit. Il a été  mystérieux sur son séjour en Espagne. Elle pense à Axel. Elle ne comprend pas pourquoi elle n’a pas eu le culot de le questionner ! Pourquoi l’a-t-elle laissé partir comme ça ? Elle craint le pire. Elle a une grosse boule dans la gorge. Elle ne tient plus en place.  

 

Elle file dans le bureau. Elle s’installe devant son ordinateur. Axel a emmené le sien en Espagne. Le bureau d’Axel est vide. Angèle surfe sur quelques sites internet. Elle s’ennuie. Rien ne l’intéresse. Elle balaie du regard la pièce. Elle a la nausée !

Angèle pleure. Elle a peur d’aller à l’hôpital. Elle ne sait pas ce qu’il l’attend.

Elle prend son journal de bord et elle écrit :


« C’est dimanche et j’ai le moral en berne. C’est pas n’importe quel dimanche ! C’est le dimanche où Axel est en Espagne. J’ai envie d’aller pleurer dans la chambre. Demain, j’ai une dure journée de travail. Parfois je rêve que je plante tout et tout le monde et que je pars très loin. Je fuis la réalité. Mais celle-ci est tellement insupportable. J’ai tellement mal. Je souffre tellement de ses mensonges, de ses silences, de ses paroles, de ses regards. Tout chez lui me fait souffrir et tout m’inspire de la peur. Je me sens si fragile en ce moment, et tellement affaiblie que je suis bien incapable de prendre une décision. Jusqu’à quel point je pourrai supporter cette vie là ? Jusqu’où je pourrai aller ? J’ai le sentiment que c’est sacrificiel. Je crois que si je reste il faudra m’enfermer dans un hôpital psychiatrique. On ne peut pas rester sain psychologiquement en vivant sous pression. Je suis tellement épuisée. Axel  me donne tellement de soucis. Son regard froid m’agresse. Son air impavide et impassible me blesse. Je me demande toujours ce qu’il pense. Je sais qu’il se trame  des choses derrière mon dos. Il y a tellement de choses étranges dans cet appartement. J’appréhende d’aller à l’hôpital. J’aimerais beaucoup ne pas y aller ; fuir. Je ne sais pas si j’ai vraiment le courage d’affronter la vérité. J’ai terriblement peur. Je ne dors plus du tout, ce qui aggrave mes soucis de santé.
C’est un mauvais rêve et je vais surement me réveiller « 

 

                                                     *****


Axel serre Camille dans ses bras. C’est la fin de leur escapade. Ils vont devoir repartir chacun de leur côté pour  rejoindre  leur vie respective ! Axel n’a pas prévenu Angèle de
son retour ! Il peut donc jouer les prolongations avec Camille ! Ils s’embrassent. Camille pleure.

La séparation est douloureuse. Axel est troublé : «  Ne te fais pas de soucis ! Il y’en aura d’autres des moments comme ça ! Il faut simplement s’organiser ! « 

Camille sourit. Ces quelques mots suffisent à la consoler.

 

Axel court. Il doit prendre le RER. Il a peur d’arriver trop tard ! Il abuse ! Angèle va finir par se méfier ! Il a mal au ventre ! Et, si Angèle lui fait une scène ? Il est triste. Camille lui manque. Ils étaient si bien tous les deux ! Pourquoi doit-il rentrer ? C’est injuste !

Axel est devant la porte de l’appartement. Il ouvre la porte. Il n’y a aucun bruit comme si Angèle n’était pas là. Axel s’inquiète. Ce silence l’effraie. Il avance d’un pas assuré. Il ne voit pas Angèle. La peur lui tenaille le ventre. Il se dirige vers la chambre. Angèle est en train de dormir. Il n’est pourtant que 20 heures.

Elle semble épuisée. Axel s’interroge : «  Mais que se passe-t-il ? Qu’a fait Angèle ce week-end ? Mince ! J’espère qu’elle ne m’a pas trompé ! « 

 

Axel doit repartir faire quelques courses. Il n’ose pas réveiller Angèle. Il dépose sur le bureau d’Angèle un cadeau avec un petit mot : «  J’ai envie d’un bébé avec toi ! « 

 

Et il claque la porte d’entrée. Angèle est réveillée par le bruit de la porte. Elle se lève doucement. Elle a la tête qui tourne ! Elle cherche Axel. Personne. Elle l’appelle. Rien !  L’appartement est désespérément vide. Angèle voit le paquet sur son bureau. Elle est étonnée qu’Axel soit déjà reparti. Elle ouvre  fébrilement son cadeau.

Axel lui a offert deux peluches : une maman pingouin et son bébé ! Angèle est émue. Elle pleure toutes les larmes de son corps !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

par Elise publié dans : Essais : une histoire au fil des jours
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Dimanche 18 mai 2008

 

Camille serre la main d’Axel. Ils se promènent tous les deux sur « Las Ramblas ». Ils se sourient. Ils ont l’air heureux.  Ils forment un joli petit couple. Personne ne peut imaginer qu’ils ont laissé leur moitié respective à Paris ! Ils se tiennent par la main, ils s’enlacent et ils s’embrassent avec passion. Leur corps guide leur pas ! Ils ont envie l’un de l’autre. Ils se touchent !

 

Camille dévore Axel des yeux : «  Je suis si heureuse ! Si toute la vie pouvait être comme ça ! On visite la Sagrada Familia et ensuite on file à l’hôtel t’en penses quoi ? « 

 

«  On va d’abord à l’hôtel et on visite tout ce que tu veux après ! J’ai tellement envie de toi Camille ! Tu es magnifique dans cette robe ! ».

 

Axel embrasse tendrement Camille. Il presse son corps contre elle. Il sent sa poitrine et son souffle chaud. Le désir monte. Il plaque Camille contre le mur de la rue, et il l’embrasse à pleine bouche !

 

La chambre de l’hôtel est sobre. Il n’y a pas de chichi. Axel avait prévenu Camille. Il ne voulait pas aller dans un hôtel trop couteux ! Il fait attention à ses dépenses. Il craint qu’Angèle ne tombe sur son relevé de compte bancaire. Il a tellement peur de la réaction de sa femme, qu’il a fait adresser son courrier personnel à l’adresse de son bureau !

 

Il arrache les vêtements de Camille. Il la fait basculer sur le lit. Et, il l’embrasse sur tout le corps. Camille se laisse aller au plaisir de ces baisers. Elle aime la bouche d’Axel !  Elle soupire de plaisir. Son corps frissonne ! Axel lui attrape fermement  la main et il la dirige contre son sexe. Il est braque. Il exige ! Il veut avoir du plaisir. Il ne peut plus attendre ! Il a très  envie de Camille. Il accélère le rythme. Camille ne dit rien. Leur étreinte est passionnée. La petite mort tord Axel de plaisir. Camille émet un souffle lent. Ils s’endorment d’épuisement !

 

Camille regarde le visage d’Axel. Ses traits sont lisses. Autour des yeux, il a des minuscules tâches de rousseur. Il n’a pas une ride ! Il a de longs cils noirs recourbés ! Elle pourrait passer sa vie à le regarder. Elle le trouve si beau, si fort, et si virile ! Axel ouvre les yeux sous le regard admiratif de Camille : «  Ne me dis pas que tu me regardais dormir ? « 

 

Camille baisse les yeux. Elle semble gênée. «  Je te trouve si beau ! « 

 

« Merci ! C’est bon t’entendre cela ! C’est si bon ! Tu me fais tellement de bien Camille ! « 

 

« Toi aussi ! Dis-moi ? Je peux te poser une question ? »

 

« Oui ! Vas-y ! « 

 

« Avec Angèle c’est comment au lit ? « 

 

« Pourquoi tu me demandes cela ? »

 

« J’ai besoin de savoir ! J’ai tellement peur. « 

 

« Avec Angèle, il ne se passe plus rien ! Il y’ a bien longtemps que nous ne faisons plus l’amour. Angèle n’a jamais su me donner du plaisir ! Elle est assez égoïste sexuellement ! Puis, elle n’est pas tendre comme toi !  « 

 

« Ah bon ? Je pensais que tu étais épanoui avec elle ? »

 

« Bah non ! Au début, j’ai cru que ça s’améliorerait. Mais non. « 

 

Camille sourit. Les dernières révélations ont la douceur du miel ! Elle est heureuse ! Finalement, Axel n’aime plus vraiment Angèle ! Camille se doutait bien de cela. Mais elle n’en était pas certaine !

 

Axel regarde Camille : «  Je vais prendre une douche ! « 

Camille reste étendue sur le grand lit. Elle s’enroule dans le drap blanc. Elle laisse sa jambe gauche à l’air. Axel lui caresse le mollet. Il lui masse tout doucement la jambe découverte par le drap.

Camille se laisse bercer par les caresses.

Axel file sous la douche.

 

La salle de bain est petite. Il n’y a pas de baignoire. Axel entre sous la douche. Il referme la porte vitrée. Il fait couler l’eau. Il reste sous le jet d’eau pendant de longues minutes. Il pense à Angèle. Il se demande ce qu’elle peut bien faire à cette heure-ci. Il a peur. Il vient de mentir à Camille. Il ne lui a pas dit toute la vérité. Mais, il ne voulait pas lui faire de la peine ! Comment pouvait-il dire à sa maitresse, qu’il voulait un enfant d’Angèle ?

Axel est pris au piège.

 

 

 

 

 

 

par Elise publié dans : Essais : une histoire au fil des jours
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